Les combats de robots ne sont plus réservés aux petites machines à roulettes qui se poussent hors d’une arène. À Shenzhen, en Chine, des humanoïdes de taille adulte ont échangé coups de poing, uppercuts et coups de pied devant un public venu assister au lancement de l’Ultimate Robot Knock-out Legend (URKL).
Sans tête, mais toujours dans le match
Présenté par ses organisateurs comme le premier tournoi mondial de combat libre entre grands robots humanoïdes, l’événement a réuni 32 équipes internationales au centre culturel et sportif de Nanshan. Tous les participants utilisaient le même modèle, le T800 (en référence à qui vous savez) conçu par l’entreprise chinoise EngineAI, également organisatrice de la compétition.
L’un des robots s’est imposé grâce à un coup de pied porté à hauteur de tête. D’autres ont enchaîné les esquives, les rotations et les relevés après une chute. Les mouvements restent encore moins fluides que ceux d’un combattant humain, mais les machines sont désormais capables de se déplacer rapidement sans s’écrouler au premier contact.
La scène la plus remarquée s’est produite lorsqu’un robot a perdu la tête après un choc. Ce n’était visiblement pas une raison suffisante pour abandonner : privé d’une partie de ses capteurs, l’humanoïde a continué à distribuer des coups jusqu’à la fin du combat. La machine a pu s’appuyer sur les systèmes de contrôle installés dans son torse pour continuer le combat. Voilà au moins une chose que les humains ne peuvent pas faire…
Le classement ne reposait pas uniquement sur les victoires. Les juges examinaient aussi la précision des frappes, la stabilité, les esquives, la défense et la résistance aux impacts. Le tournoi servait donc autant à départager les équipes qu’à mettre les robots dans des situations difficiles. Le T800 mesure 1,73 mètre et pèse 75 kg avec sa batterie. Ses 29 degrés de liberté et ses moteurs, capables de produire jusqu’à 450 Nm de couple, lui permettent d’exécuter des coups de pied sautés, des rotations et de brusques changements de direction.
Le robot embarque un processeur Intel N97, un module Nvidia AGX Orin et plusieurs capteurs, dont un LiDAR à 360 degrés et des caméras stéréoscopiques. EngineAI annonce jusqu’à quatre heures d’activité intensive grâce à une batterie modulaire et à un système de refroidissement installé dans les jambes.
L’entreprise imagine toutefois des usages plus pacifiques dans la logistique, l’hôtellerie ou les services. Les combats permettent surtout de tester les articulations, les logiciels de contrôle et les mécanismes d’équilibre dans des conditions plus mouvementées qu’en laboratoire.
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